La rude vie du marin, le soleil qui cogne, du poisson tous les jours, des heures de pêche, l'eau chaude, obligés de boire du rhum pour économiser l'eau douce ... Tout les éléments étaient réunis
pour que ces dix jours de navigation soient particulièrement éprouvants.
Nous effectuons la prise en main du navire le 27 juillet 2009 et nous passons l'après midi à faire des voyages en voiture pour l'avitaillement.
Principalement de la nourriture lyophilisée et des conserves... Non, je déconne, on a fait de la cuisine tous les jours.
Ci dessous la provision de vitamines dans le salon intérieur (dur !).
Me voici donc le lendemain matin
aux aurores à 10 heures à mon poste de capitaine.
Je fais mes premiers essais de pilotage d'un navire de cette taille (12m X 6m environ), tandis que les mousses frottent le pont (faut savoir se faire respecter des matelots !).
Et
nous décidons j'ordonne à l'équipage de mouiller l'ancre pour la nuit prés de la passe, sur des fonds sablonneux de 3
mètres.
De là, nous pouvons contempler ce paysage hostile et nous prémunir de tout danger.
Tandis que je prends le premier tour de garde afin de donner l'exemple, je laisse quartier libre à l'équipage qui en profite pour se détendre sur les hamacs flottants.
Épuisé par mon tour de veille, je décide malgré tout d'opérer un contrôle visuel des fonds sous-marins afin de détecter tout danger éventuel.
Je découvre en fouillant le sable différentes espèces de coquillages que je photographie
pour mon blog afin de compléter les bases de données du
muséum national d'histoire naturelle.
Le soir, nous buvons deux 'ti punchs pour ne pas amoindrir nos réserves d'eau potable, et nous nous contentons de quelques tranches de toeviri (grosse bonite locale pêchée la veille) au barbecue
avec du riz à l'antillaise.
La nuit s'est écoulée dans le calme, et le matin nous voilà partis pour Huahine, distante d'une quarantaine de kilomètres (4 heures de traversée au moteur).
Bien que l'océan soit particulièrement calme, j'avais tout de même posté deux vigies pour parer à toute éventualité.
Chacun était à son poste, prêt à agir.
Ne tenant aucun compte du soleil de plomb, l'équipage vaquait à ses dures tâches journalières...
...Tandis que Tahaa s'estompait à l'horizon.
Tout à coup, attaque fulgurante de deux monstres marins (des mahi-mahi) sur les lignes de traîne, un par tribord, un par bâbord.
Après avoir enclenché le pilote automatique, je me suis chargé de la ligne tribord, tandis que le matelot Tiquet s'occupait de celle de bâbord.
Après quelques minutes de combat, les deux Coryphènes ont été mis au sec pesés (7kg pièce) et photographiés.
Le premier fût conservé afin d'améliorer l'ordinaire (car la chair du coryphène est particulièrement excellente) et le second fut relâché pour assurer la pérennité de l'espèce.
Je relaterai plus précisément cet épisode dans un autre article.
L'animal fût aussitôt découpé en filets et réfrigéré.
Puis ce fût l'approche de l'île de Huahine chère au regretté Jacques Martin.
L'entrée de la passe fût sportive car de gros rouleaux déferlaient et il fallut pousser les deux diesels à fond pour contrer le courant qui nous rabattaient sur le récif. De plus, la présence de
nombreux surfers obligeaient à une surveillance accrue.
Une fois au calme dans le lagon, je mis le cap vers le sud de l'île pour trouver un mouillage abrité. On aperçoit en arrière-plan le port de Fare (ville principale de l'île).
A suivre...
belle fin de dimanche à toi
bisou